Vélo d'hiver : le faux débat du pour ou contre

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Vélo d’hiver : le faux débat du pour ou contre

Lucie Poulin

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Crédit: François Démontagne

Crédit: François Démontagne

Chaque année, ça recommence : le débat sur le vélo d’hiver refait surface. Ça crée tout un tollé dans les médias à la première bordée de neige, suivi d’un retour au calme.

On se fait marteler les mêmes arguments : c’est dangereux, ça fait ralentir la circulation des voitures… Et chaque fois, j’en suis estomquée. Attendez… c’est le vélo qui est dangereux? C’est le vélo qui ralenti la circulation? On est tellement habitués de voir les véhicules motorisés dominer la voie publique qu’on prend pour acquis qu’elles leur appartiennent.

Je n’ai plus assez de doigts pour compter mes hivers sur deux roues. Mais depuis, j’ai observé un nette amélioration quant aux efforts mis de part et d’autre pour dédiaboliser la pratique en saison froide. Le déneigement de la piste cyclable Claire-Morissette sur le boulevard de Maisonneuve témoigne bel et bien d’une lutte chaudement gagnée.

Cette année, à mon grand plaisir, le débat médiatique a perduré, la force du nombre oblige. Si les cyclistes d’hiver n’étaient, il y a dix ans, que quasi exclusivement d’infatigables guerriers, aujourd’hui, on les compte par milliers. Et dans les rues, ça se confirme : la hausse est visible et constante. Le cycliste, même d’hiver, est de moins en moins considéré comme un usagé de la route de deuxième classe. Son image change, tranquillement, tout doucement. Celui qu’on a déjà décrit comme marginal, hurluberlu, inconscient, danger public ne peut plus être ignoré et revendique l’espace public qui lui revient, un coup de pédale à la fois.

Si on veut une ville cyclable, humaine et en santé, il faudra nécessairement repenser le rapport de force entre les différents usagés de la route. Peu importe la saison. Que ça cause des montées de lait ou pas.

En attendant, il est temps de faire évoluer le discours médiatique en remplaçant le faux débat du pour ou contre le vélo d’hiver en s’attaquant de front aux questions du comment. C’est lorsque que le réseau blanc sera élargi et sécuritaire qu’il sera possible de convaincre monsieur-madame-tout-le-monde qu’il est, après tout, bien plus agréable et sensé de se déplacer à vélo.

Le groupe Vélo d’hiver Montréal sur Facebook compte de plus en plus d’adeptes qui échangent des expériences et des conseils, et s’organisent pour faire bouger les choses.

2 commentaires sur Vélo d’hiver : le faux débat du pour ou contre

  1. Marie :

    Bravo pour vos commentaires. Tout à fait d’accord, et bien contente que le militantisme sur deux roues se développe…

    Je cherche la vidéo que j’ai vue hier sur cette controverse : différents cyclistes étaient interviewés, dont une jeune femme. Pourriez-vous m’aider à la retrouver ?

  2. Lucie Poulin Lucie :

    Bonjour Marie – je n’ai rien vu passer hier. Il y a celle-ci, mais elle remonte au 11 janvier:
    http://www.radio-canada.ca/emissions/telejournal/2012-2013/Reportage.asp?idDoc=267203&autoPlay
    Lucie

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