Comment favoriser le transport alternatif en entreprise ?
14 septembre 2012À l’heure où la congestion du réseau viaire fait quotidiennement les manchettes et où la préservation de l’environnement est au cœur des préoccupations, les limites qu’occasionne un système de transport basé presqu’exclusivement sur l’automobile apparaissent de plus en plus évidentes. Si, parfois, certains investissements à cet égard sont encore désolants, dans l’ensemble, il faut tout de même admettre qu’il y a eu beaucoup d’avancements.
Que ce soit au niveau des élus, des acteurs économiques ou des organisations civiles, tous semblent désormais s’entendre sur les actions à poser pour améliorer la fluidité. D’une manière générale, nous sommes passés d’un discours opposants l’auto aux autres modes, à une vision où plutôt qu’être en compétition, les différents modes de transport sont complémentaires.
Ainsi, des concepts tels la multimodalité, l’intermodalité et l’interopérabilité ont vu le jour et sont désormais au centre des réflexions. Comment faire en sorte que nous en venions à utiliser naturellement une panoplie de modes de transport, que ce soit dans nos vies quotidiennes ou même lors d’un seul et unique déplacement? Sur ce point, si les décideurs ont définitivement une part importante du travail qui leur revient, les employeurs, par l’entremise de leurs politiques de transport internes, ont également un rôle non négligeable à jouer.
Même si les choses commencent à changer, les entreprises ont encore trop souvent le réflexe de mettre de l’avant des politiques de transport qui ne prennent en compte que l’automobile. Prêt d’une auto, stationnement gratuit, remboursement systématique du kilométrage d’un trajet, etc. Ainsi, un employé qui utilise un autre mode de transport se voit désavantagé en ne recevant aucune compensation financière. Pourtant, l’auto est de loin la manière la plus dispendieuse de se déplacer et les entreprises ont tout à gagner en encourageant leurs employés à utiliser une combinaison de modes de transport. En sommes, ce contexte semble plus lié à une méconnaissance des mécanismes de remboursement des frais de transport alternatif qu’à un manque de volonté.
Chez ENvironnement JEUnesse, les employés permanents se font offrir un abonnement à Communauto et un remboursement équivalent au coût annuel d’un abonnement de transport collectif. Ce montant peut être dépensé soit en titres de transport collectif, soit en un abonnement Bixi ou pour l’achat d’un vélo et de son entretien. Si, pour un trajet donné, l’automobile s’avère indispensable, les frais de location sont couverts, ou s’il s’agit d’un véhicule privé, chaque kilomètre est remboursé à 0,39$. Si, toutefois, l’utilisation de l’auto avait facilement pu être évitée, chaque kilomètre est remboursé seulement au taux de 0,14$. Enfin, pour les employés contractuels, l’utilisation du vélo pour un trajet professionnel est remboursé à 0,20$ du kilomètre. Ainsi, l’employé est encouragé à développer son propre cocktail transport et à l’intégrer à sa vie.
Et vous (parce que c’est en se parlant que les bonnes idées se partagent), quelles mesures innovantes de remboursement des frais de transport alternatif votre entreprise propose-t-elle?

2 commentaires sur Comment favoriser le transport alternatif en entreprise ?
Vous parlez des enjeux économiques mais il faudrait valoriser l’adoption du mode de vie d’un travailleur à vélo. Introduction de douches et peut-être de garde robe dans les entreprises, espace de stationnement sécuritaire pour les vélos…
Effectivement, vous avez bien raison. On pourrait aussi ajouter à tout cela une trousse de mécanique de base. Ne pas avoir à transporter une pompe à air à tous les jours peut s’avérer être un bel incitatif!